Comme à Gravelotte.

 
Commandes



Ça tombait comme à Gravelotte
— Tonnerre de Zeus et compagnie —
De larges gouttes qui mouillaient
Que ça m’en fichait la tremblote,
Sur la plage enfin dégarnie,
D’un bon allant, je vadrouillais.

Quand, tout à coup, sur une vague,
Au gré du courant ballottée,
J’aperçus, dans le petit jour,
Je vis, ce n’est pas de la blague,
Une nymphe désemparée
Et nue comme à son premier jour !

Moi, n’écoutant que mon courage,
Pour la sauver de la noyade,
À l’eau, je me mets sans remords,
Bravant les éléments, l’orage,
Et me saisis de na naïade
Contre le mien serrant son corps.

Tout juste arrivés sur le sable,
Bien que rompu et hors d’haleine,
Le bouche à bouche j’entrepris
Joignant l’utile à l’agréable
Mais soufflant comme une baleine :
La belle reprend ses esprits.

À peine eut-elle ouvert les lèvres
Que d’un sourire elle me cueille
À froid, j’en fus tourneviré
Puis me confie sur un ton mièvre :
« J’ai dû rencontrer un écueil ...
M’en voici toute chavirée ! »

Soudain songeant à sa tenue,
Car les héros, qu’on se le dise,
Les héros ne sont pas de bois,
Par un semblant de retenue,
D’un geste pudique, elle attise
Les braises qui couvaient en moi.

Elle avait tant froid, la pauvrette,
(Entre nous, signe irrécusable
Ses pointes de seins se dressaient)
Qu’elle me dit d’aller en quête,
L’air suppliant et misérable,
Des habits qu’elle avait laissés.

Enfin, mettez-vous à ma place !
Là-bas ses nippes étaient trempées,
Quoi faire pour la réchauffer ?
Aussi dans mes bras, je l’enlace
Qu’elle en est toute retournée
Ce qui eut les plus doux effets !

Cette fois, bien ragaillardie
— Est-il besoin de commentaires ? —
D’un simple geste de la main,
La belle toute raffermie
Me laissant avec son mystère
Partit pour d’autres lendemains ...

Partit pour d’autres lendemains ...



Copyright Jacques Goudeaux - août 1990 / Dépôt légal SACEM 2002




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