Le marginal.


© Textes de chansons déposés à la SACEM

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Songe-creux, rimailleur, usé du nonchaloir,
Que n'as-tu point laissé s'accorder ton esprit
Au flux bien ordonné d'un quelconque pouvoir,
Au courant de pensée dont il faut être épris ?


Je ne suis pas de cette race
Qui accepte n'importe quoi
Et va se fondre dans la masse
Pour en silence rester coi,
D'un fifrelin de bas étage
Qui se dissout dans le commun,
Tout en se vouant à sa tâche
Sans soucis pour le lendemain.

Je ne suis pas de ceux qui savent
Prendre parti sans hésiter,
Sans être fou, sans être esclave,
Ni sombrer dans l'absurdité ;
Non pas de ceux qui ont la chance
D'avoir trouvé leur idéal
Au sein de la stricte observance
De principes d'ordre moral ...

S'il y en a qui affectionnent
Le côté d'où souffle le vent,
Opportunistes ils papillonnent,
Ces girouettes ou passe-volants.
C'est pas mieux, d'autres à l'inverse,
Par leurs idées empanachés,
Sans admettre de controverse
Vous trouveront bien bas perché.

Je ne pourrais, sans me morfondre,
D'un parangon moyenâgeux
Subir un instant la faconde,
Ni croire au perpétuel enjeu,
Ni soutenir les belles phrases
Ayant mûri sous le gibus
Toutes clinquantes de l'emphase
D'un professeur in partibus ;

Sachant à qui j'aurais affaire,
N'irai porter mes rogatons
Auprès d'une ombre tutélaire,
Ni franchirai le Rubicon.
Peut-on encore être sincère,
Peut-on toujours être d'accord ?
À aucun de ces congénères
Je ne vouerai âme ni corps.


Car nécessairement, quitte à se déformer
Pour être dans les normes d'un conformisme usé,
Vous pouvez vous rallier, bien mieux vous affirmer,
Dans n'importe quel camp vous serez abusé.


Encore si l'on gardait la tête
Intacte, en toute humilité,
Si l'on ne dressait pas la crête,
Tout en voulant en imposer !
Regardez donc ces marionnettes,
Légion de jobards éhontés,
Après eux, il faut place nette,
Il faut tailler ou essarter !

Dupes de quelques-uns qui pensent,
On les inonde d'un savoir
Dont ils ne sont qu'insignifiance
Qu'on leur montre comme un devoir.
Souvent le pouvoir leur impose
Des idées n'étant pas les leurs :
Pour elles, ils prennent fait et cause,
En sont les plus grands défenseurs ...

On les pilonne sans mesure,
On les exploite de surcroît ;
Bienheureux tant que cela dure
Et bienheureux tant qu'ils y croient !
Pauvres petits polichinelles
Qu'au pas l'on fait se dandiner,
Au grand jamais de vos ficelles
N'essayez de vous détourner.

Car le doigt mis dans l'engrenage,
Vous ne pourrez plus du giron
Vous en échapper sans dommage
Et vous retrouverez marrons.
En gardant les pieds bien sur terre,
Il n'est jamais par trop aisé
D'être dans l'infini stellaire
Quelque peu volatilisé !

Chacun voit midi à sa porte
Et la morale est dévolue
Au plus pressé à faire en sorte
De renoncer à l'absolu.
Voilà que la raison chavire,
Que les idées tournent en rond,
Car de raison, il faut bien dire
Que nul n'en est le forgeron.


Songe-creux, rimailleur, usé du nonchaloir,
Que n'as-tu point laissé s'accorder ton esprit
Au flux bien ordonné d'un quelconque pouvoir,
Au courant de pensée dont il faut être épris ?





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